Carrière Napoléon

Mardi 20 avril 2010, par Grenouille // Calcaire

... Suite de la visite de cette vaste carrière, plongeant un peu plus sous la masse, le paysage évolue ...

J’y suis allé accompagné du "faiseur de plans", puis accompagné de celui avec qui les connexions sont souvent en "wifi" quand j’évolue dans ce monde de la photo souterraine, puis avec mon touriste préféré.

... Suite de nos découvertes ....

Des montagnes de sacs laissent la place à des lignées de meules (hum, jolies meules, je pense que je reviendrai !!).

Dans cette partie se lisent au plafond des textes, des noms et des dates très anciennes (fin XVè début XVIè).

Une voie mène à un mur dont les barreaux ferment le passage. Un tableau nous rappelle que les travaux de perçage ont été fait en 1925.

Shazam gazam, je souffle en fermant les yeux, et le passage s’ouvre ! Bon, il faut se torturer un peu le corps pour aller au-delà du mur, bien ranger ce qui peut devenir douloureux ou qui risque de rester accroché à l’obstacle lors du franchissement. Par la tête, par le siège, c’est un véritable accouchement cataphile à chaque passage !

Nous pénétrons dans cette partie de la carrière connue de tout cataphile moderne, celle où pendant des années, une partie de notre armée, de 1950 à 1967, a vécu une vie souterraine intense ...

Que reste-t-il de toute cette vie souterraine moderne et militaire ?

Un escalier en béton, carré, de presque 20 mètres de haut, 8 marches, puis 10 marches, puis la même chose. En haut : des portes blindées dignes d’un roman de Jules Verne, un mur "anti-déflagration" composé d’alvéoles et de pierres sensées contrer le souffle d’une éventuelle explosion. Au sommet de cet édifice, émerge dans la foret la tête d’un blockhaus dont les meurtrières donnent vue sur les bois. Sous terre, en bas de cet escalier, les restes de constructions sont disséminés le long d’une large route de béton telle une arrête centrale dans cette vaste carrière.

Au détour de piliers se trouvent quelques véhicules militaires issus d’une collection privée. Jadis, ils étaient en bon état, blancs ou verts, offerts à la visite avec tous leur équipement. On pouvait s’installer aux commandes, simuler à grands renforts de bruits improvisés une attaque d’un invisible adversaire.

Maintenant, ces véhicules, derniers dinosaures d’une guerre en préparation qui n’aura pas lieu (à moins que !!), qui survivent aux assauts des "crétins-casseurs-tagueurs", se délabrent et font peine à voir !

Il y a différents blindés de la marque Panhard construits entre 1971 et 1977 :

- Un M 3 : blindé 4 roues de transport de troupes (10 hommes + les 2 hommes d’équipage), 6 tonnes, blindage de 8 à 13 mm, amphibie, construit dès 1971 et destiné aux pays d’Afrique. Il peut être équipé d’une mitrailleuse de 7.62 mm ou d’un canon de 20 mm.

- Deux VCR (Véhicule de Combat à Roue) : conçus pour l’exportation (Amérique du sud, Émirats Arabes, Afrique), véhicules à 6 roues motrices dont les intermédiaires sont relevables sur les parcours routiers. Il à deux portes rondes à l’arriere et des trappes de tir sur les cotés. L’un est armé d’une tourelle, l’autre est équipé pour "l’évacuation sanitaire sur champ de bataille", avec 2 civières et de l’équipement médicale. Le compteur du véhicule sanitaire affiche moins de 500 km !!

- Un ERC (Engin Roue Canon) : 1977, 7.5 tonnes, moteur V6 de 155 chevaux, amphibie (propulsé par 2 hélices), roues intermédiaires relevables, plus de 25 litres de carburant aux 100 km.

Passé un temps, ou un temps passé, deux camions "US" y stationnaient. L’un des deux portait le nom de "j’en bave",le second ne porte pas de nom..

- "J’en bave" : DIAMON M 20 à moteur Hercules de 201 chevaux à 1 600 tr/mn 6 cylindres de 14,7 litres, en ligne, diesel, 120 litres / 100 km. C’est un tracteur porte char dont le remorque se nommait .......... "j’en bave aussi" !!! Il appartenait à un membre d’une association de collectionneurs de véhicules militaires.

- Un camion tracteur "Autocar U-7144 T 4X4 G 510" : 6 cylindres Hercules RX 529ci (8,6 litres), diesel, 5,53 tonnes, 66km / h, 73l / 100.

il y aussi tout au long de cet axe principale nombre de caissons, cases, préfabriqués. Chacun d’eux avait une finalité différente :

- toilettes.
- salles de cours.
- salles d’écoutes.
- salles de transmissions par pneumatique.
- infirmerie.
- chaufferies.

Il ne reste que les fantômes.

En fait, c’est toute cette partie militaire de cette carrières, comme après un cataclysme cataphile, qui est dans un état de destruction impressionnant !

Pourtant, ce lieu était magnifique ... mais tout ce qu’il héberge a été lamentablement dégradé.

Cette déception nous conduira à re-jouer les "Léon Dutilleul" alias "Garou-Garou" (vous savez, ce héros de la littérature française, mais lequel, vous en souvenez vous ?? ) .......

Répondre à cet article