Les fresques du bunker

Vendredi 19 mars 2010, par Grenouille // GRS

Le Bunker. Ce lieu résonne de mystères. Cette partie du réseau située sous le domaine des Chartreux fut aménagée dès 1941 par l’armée allemande. La galerie sud d’entrée au bunker est bordée de fresques peintes il y a entre 20 et 30 ans. Une partie située sous le lycée Montaigne héberge des dessins plus modernes. Les murs gardent encore quelques traces de cette occupation militaire.

Le Bunker

Lieu mythique des catacombes au nord du réseau. Une entrée à chaque extrémité. Entre les deux, un véritable labyrinthe dont les issues sont des portes blindées.

Pendant le dernier conflit mondial, les lieux ont été occupés par l’armée allemande. De cette période subsiste le fléchage indiquant les sorties :

- I Rouge (Hinterhof) : vers l’arrière cour du Lycée Montaigne.
- II Bleu : vers St Michel.
- III Noir : vers les escaliers Bonaparte et Notre Dame des Champs.

On y trouve aussi des consignes peintes en blanc sur les murs à différents endroits de l’abri :

- Ruhe (silence)
- Rauchen verboten (interdiction de fumer)

Le peintre de rue Jérôme Mesnager y a posé sur un mur son célèbre "Corps blanc", en plein salut militaire.

Dans la galerie d’accès du Bunker en venant de la rue d’Assas, une petite série de fresques dont certaines des "Rats" (groupe de cataphiles des années 80/90 composé de Dan, luc, JCH, Micky, Marc et Pierre) gardent leur couleurs.

Malgré des recherches sur la toile, aucune information pertinente sur ce groupe. De ce fait, c’est une libre interprétation de ces œuvres que je vous propose.

- La fresque aztèque, page 12 du Bornicus

Cette fresque semble être tirée du "codex Borbonicus", peint vers 1507. Le Codex Borbonicus est le codex qui se trouve depuis 1826 au Palais Bourbon à Paris. Ce manuscrit présente le cycle sacré des 260 jours mexicains (calendrier religieux composé de 13 mois de 20 jours), les 52 années solaires qui constituent un « siècle » mexicain et enfin les fêtes religieuses extraordinaires qui marquaient la fin de ce cycle de 52 ans, appelées « Cérémonies du Feu Nouveau ». C’est un évènement important du calendrier religieux mexicain. Cette representation est celle de la page 12 plus exactement, où l’on y voit Xipe Totec, dieu du printemps, durant les fêtes du feu nouveau, incarnant le printemps et le renouveau de la végétation. Durant la cérémonie, le prêtre représentant le dieu Xipe Totec se livrait à un rituel particulièrement macabre : il écorchait une victime et portait sa peau sur lui avant de s’en débarrasser afin d´annoncer la renaissance de la nature ! Il est à noter que Xipe Totec fut aussi dans la mythologie aztèque, l’un des dieux qui voulut créer le soleil, mais le monde sous ses flamboyant rayons, se mit à bruler !!

- La fresque "SIDA"

Sur fond rouge, un squelette souriant, vêtu de rose sous une veste de costume, au nœud papillon assorti. A la main, une pancarte vantant les mérites d’un régime miracle. Le Syndrome de l’Immuno Déficience Acquise apparait à la fin des années 70. La pandémie commence et les victimes souffrent souvent d’asthénie et d’une importante perte de poids. En 1983, le virus du SIDA est isolé par une équipe française de l’Institut Pasteur sous la direction du professeur Montagné. Par ce clin d’œil grinçant, ce squelette nous propose une solution radicale aux problèmes de poids des vivants : la maladie puis la mort !!

- La fresque de l’Astronaute

Ce "navigateur des étoiles" (astronaute) pose avec à la main la bannière américaine dont les étoiles ont été remplacées par le nom du groupe : "the Rats". Cette fresque peut être la représentation de Neil Arstrong qui le 21 juillet 1969, après être descendu du module lunaire Eagle, plante "the star spangled banner" sur la Mer de la tranquillité.

- Totoche le Keupon et Zébulon, fresque peinte fin janvier 1987 par Pascal et Philippe, alias totoche et Zébulon

2 personnages que l’on retrouve au Bunker et à la salle "Zébulon" dans les carrières du XIIIe. Deux jeunes punks. Symbole du mouvement punk (voyou en anglais) du début des années 80, le keupon se reconnait par un mode vestimentaire, musical, comportemental fort. En opposition au mouvement hippy, le punk se différencie d’abord à sa tenue :
- blouson de cuir Perfecto.
- jean à revers avec épingles de sureté.
- chaussures coquées Doc Marten. Souvent coiffé d’une crête iroquoise, il écoute très fort des chansons engagées (Sex Pistols), il arbore aussi généralement un rat sur les épaules.

- Les guerriers de l’espace

4 guerriers du futur, dont certains ont des têtes d’animaux et sont armés de mitrailleuse. Ils semblent disposés à affronter n’importe quel adversaire venu de l’espace.

Plus loin, sous le lycée Montaigne, des fresques plus récentes illustrent les vestiges de l’ancien BUNKER allemand .......

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30/01 — Les fresques du bunker

L’article est bien fait, les illustrations bien réalisées. Bravo.Paparozan Lire la suite »